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Mercredi 6 juin 18 heures 30 : Salle de l’Ouvèze – Privas

Jeudi 7 juin 18 heures 30 : Salle Saint-Michel – Bourg Saint-Andéol

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Mardi 12 juin 18 heures 30 : Salle Paul Avon - Le Teil

Mercredi 13 juin 18 heures 30 : Salle de l’Ouvèze - Privas

Vendredi 15 juin 18 heures 30 : Salle polyvalente - Saint Marcel d’Ardèche

 

23

Mai

Dépendance : il est urgent d'agir enfin ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pascal Terrasse   

En raison du vieillissement de la population (3,9 millions de personnes de plus de 58 ans en 2040, contre 1,4 millions en 2011 selon l'INSEE, soit plus 300%), on estime que le nombre de personnes âgées dépendantes s'élèvera en 2040 à près d'1,2 million de personnes (contre 800000 en 2000, soit plus 50%). Si cet accroissement du nombre de personnes dépendantes est loin d'être le 'tsunami gris' souvent annoncé, puisqu'il n'est pas proportionnel aux projections d'augmentation du nombre de personnes âgées, il existe un enjeu de solvabilisation important, alors qu'aujourd'hui même l'APA est insuffisante pour faire face aux coûts de la dépendance qui ont augmenté depuis 2001, année de sa création – en témoigne le montant conséquent du reste à charge pour les familles ou le montant des tickets modérateurs acquittés par les personnes âgées restant à domicile.

La question de la prise en charge de la dépendance n'est pas nouvelle : dès 2005, un rapport de la Cour des comptes (http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/Rapport.pdf) établissait un diagnostic clair, rappelant que « la société française, comme la plupart des sociétés occidentales, va être durablement affectée par cette situation », et qu'il « s’agit d’un défi médical, social et financier encore largement sous-estimé, que seule une politique soigneusement préparée et construite peut aider à relever ». En 2007, au congrès de Versailles, Nicolas Sarkozy s'était emparé du sujet, annonçant même la création d'une cinquième branche de la sécurité sociale.

Si les projections démographiques et financières démontrent que la situation va nécessairement se dégrader à un horizon plus ou moins proche (2025, 2040, selon les études...), il faut rappeler que nous sommes aujourd'hui même confrontés à une urgence financière et sociale (j'ai parlé ailleurs de « non assistance à personne âgée en danger ») puisque les mesures existantes sont loin d'être à même de répondre à l'ensemble des besoins existants. Le taux d'encadrement des personnes dépendantes en France est l'un des plus faibles d'Europe, les associations opérant dans le secteur se trouvent pour la plupart dans une situation financière extrêmement difficile, beaucoup étant même contraintes à mettre un terme à leurs activités, et les difficultés de prise en charge sont aggravées par la fermeture de lits d'hôpitaux.

Pour autant, la réforme annoncée depuis des années, appelée de leurs vœux par de nombreux élus locaux confrontés à une situation financière et humaine de plus en plus intenable, a jusqu'ici toujours été repoussée. Le constat établi aujourd'hui par l'Association des Départements de France (dont les pistes de réflexion et les propositions préliminaires ont été présentées à l'Assemblée nationale lors d'Assises de la dépendance le 20 mai 2011) recoupe largement le diagnostic établit en 2001. Celui-ci, rappelons-le, avait amené à la réforme de 2001 établissant l'APA, perçue aujourd'hui par plus de 1,2 million de personnes âgées, pour un montant global de plus de 5 milliards d'euros – compromis entre dispositif universel et ciblage social dont on savait alors qu'il s'agissait d'une solution temporaire, puisqu'il ne serait pas à même de régler l'ensemble des problèmes financiers et humains à moyen et long terme. Depuis 2001, la situation financière et sociale des personnes âgées dépendantes, de leur entourage, mais également des départements et des associations, n'a donc cessé de se dégrader, et le coût de l'inaction a cru de manière exponentielle, rendant toute réforme de plus en plus difficile.

Nous nous trouvons aujourd'hui au pied du mur. Pourtant, tout indique qu'une fois encore, le gouvernement s'oriente vers une solution a minima, qui ne saura apporter des réponses à la hauteur des enjeux sociétaux majeurs auxquels nous sommes confrontés. Inutile de nous voiler la face : même si l'ensemble des données sont en notre possession, nous nous préparons, par manque de volonté politique, à une crise majeure de la vieillesse dans notre pays.

Les Assises de la dépendance, organisées à l'initiative de l'ADF pour nourrir la réflexion publique en apportant des éléments s'appuyant sur des projections démographiques et financières rigoureuses, ont esquissé quelques pistes de réforme intéressantes. A ce stade, il s'agit d'une plateforme d'analyse, contenant 55 propositions, émanant d'un échelon territorial, le département, détenant des compétences avérées en matière d'organisation des mécanismes de solidarité de proximité essentiels à la cohésion sociale. Pour ne citer que quelques idées fortes qui emportent mon adhésion : d'abord, pallier l'urgence d'une situation intenable pour beaucoup de départements, d'Ehpad, et d'associations d'aide à domicile ; trouver des moyens innovants pour offrir aux personnes dépendantes des structures d'accueil adaptées, et sortir de l'alternative domicile/établissement ; refuser la création d'une cinquième branche de la sécurité sociale, qui signifierait l'effacement du département, alors que celui ci doit être le chef de file de la politique gérontologique ; un renforcement, une consolidation du rôle de la CNSA, pour en faire une véritable « caisse de l'autonomie », dont la gouvernance devrait être réorganisée pour en faciliter le pilotage ; enfin, engager une réflexion approfondie sur la fiscalité, qui viserait à la fois à trouver les 4 milliards nécessaires (rappelons ici qu'il s'agit d'un ordre de grandeur comparable à ce qu'a coûté la baisse de la TVA dans la restauration) à assurer le financement de la dépendance à l'horizon 2025, et à rétablir une parité de financement entre Etat et départements.

Espérons que ces pistes seront examinées sérieusement, et ne seront pas négligées par un gouvernement, qui, on le sait bien, souhaiterait clore un débat qui pourrait se révéler trop complexe et clivant à un an de la présidentielle avant même de l'avoir ouvert. La réforme de la dépendance n'est pas seulement nécessaire, elle est inéluctable. La repousser encore une fois serait un renoncement à mon sens inacceptable et irresponsable, car cela reviendrait à préparer en toute connaissance de cause une crise de la vieillesse qui aurait des conséquences sociales et économiques majeures.


Dépendance : il est urgent d'agir enfin !
 
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