Mercredi 9 mai 18 heures 30 : Salle des fêtes - Le Pouzin
Vendredi 11 mai 18 heures 30 : Salle du Lac - Vernoux en Vivarais
Lundi 14 mai 18 heures 30 : Salle du conseil – Saint-Pierreville
Mercredi 16 mai 20 heures 30 : Auditorium- Le Cheylard
Lundi 21 mai 18 heures 30 : Salle Le Tissage - Les Ollières sur Eyrieux
Mardi 22 mai 18 heures 30 : Salle des fêtes - Cruas
Jeudi 24 mai 18 heures 30 : Salle des Voutes – Saint-Martin de Valamas
Vendredi 25 mai 18 heures 30 : Salle des fêtes - La Voulte sur Rhône
Mardi 29 mai 20 heures 30 : Salle Le Triolet - Chomérac
Mercredi 30 mai 18 heures 30 : Salle des fêtes - Rochemaure
Jeudi 31 mai 18 heures 30 : Salle Paul Avon - Le Teil
Lundi 4 juin 18 heures 30 : Salle la Chemina – Saint-Sauveur de Montagut
Mardi 5 juin 18 heures 30 : Salle L’Oustaou - Charmes sur Rhône
Mercredi 6 juin 18 heures 30 : Salle de l’Ouvèze – Privas
Jeudi 7 juin 18 heures 30 : Salle Saint-Michel – Bourg Saint-Andéol
Vendredi 8 juin 18 heures 30 : Salle de l’orangerie – Viviers
Mardi 12 juin 18 heures 30 : Salle Paul Avon - Le Teil
Mercredi 13 juin 18 heures 30 : Salle de l’Ouvèze - Privas
Vendredi 15 juin 18 heures 30 : Salle polyvalente - Saint Marcel d’Ardèche
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La catastrophe humaine et environnementale de Fukushima au Japon fut une onde de choc qui nous a rappelé, à juste titre, qu'en matière de politique énergétique aucun choix n'est anodin. La décision allemande de sortir du nucléaire, à un horizon relativement proche (2022), est une des multiples répliques du séisme dont la crise japonaise est l'épicentre. Au regard de la crise de confiance qu'elle a suscité dans de nombreux pays, gageons qu'au cours des semaines et des mois à venir, d'autres répliques suivront. A l'issue de la seconde guerre mondiale, la France a, notamment grâce à la politique visionnaire du général de Gaulle, fait le choix du nucléaire pour assurer son indépendance énergétique. Cette décision n'a pas seulement orienté la politique énergétique de notre pays depuis 60 ans: elle a aujourd'hui encore des conséquences sociales (via le prix de l'énergie pour les ménages, notamment les plus modestes) et économiques évidentes (car la filière nucléaire fait partie des fleurons de l'industrie française, et la production d'énergie par les centrales nucléaires permet aux entreprises françaises de bénéficier d'une énergie relativement "propre" à bas coûts). Il s'agit donc là d'une orientation politique forte, structurante pour notre économie et notre société, qu'il serait impensable et irresponsable de renier en bloc sans diagnostic approfondi et sans concertation nationale. Pour autant, il serait inutile de nier que notre confiance en la filière nucléaire a été fortement ébranlée.
Au delà de la question de la sortie du nucléaire qui, pour être légitimement revenue en force ces dernières semaines dans les débats politiques, ne serait qu'un débat stérile le périmètre des discussions était limité à un choix dichotomique "pour ou contre la sortie du nucléaire", il me paraît essentiel de reconsidérer l'ensemble des avantages et des coûts réels du choix du nucléaire. D'abord, la question du nucléaire et de l'indépendance énergétique ne peut être envisagée sans tenir compte des contraintes économiques (compétitivité des différentes branches de production d'énergie, compétitivité des entreprises françaises fortement consommatrices d'énergie), sociales (coût de l'énergie pour les ménages, notamment les plus vulnérables), et environnementales (nécessité de respecter les engagements pris par notre pays en matière de réduction des émissions de gaz à effets de serre et de promotion des énergies propres et renouvelables). De plus, si l'on circonscrit les débats au secteur nucléaire, de nombreuses questions annexes, notamment en matière de sécurité des installations et de préservation de la santé des employés du secteur, ont en effet trop longtemps été occultées. A ce titre, l'audit de la filière nucléaire, annoncé récemment par le président de la république, semble aller dans le bon sens. Le premier ministre a indiqué avoir saisi l'ASN pour évaluer la sureté de toutes les installations nucléaires françaises, y compris les piscines de stockage, en lien avec le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire, ainsi que des experts extérieurs. Mais cet audit ne saura résoudre l'ensemble des questions de sécurité qui se posent aujourd'hui. La question de la sécurité des installations nucléaires est évoquée de manière récurrente dans les débats (sécurité des travailleurs de ce secteur, des installations, des personnes vivant aux abords des centrales, ou de l'environnement...), à juste titre, puisqu'elle nécessite qu'y soient consacrés des moyens appropriés et suffisants, d'autant plus que la tendance est aujourd'hui à la prolongation de la durée de vie de nombreuses centrales. Pourtant, au delà des considérations d'ordre général souvent évoquées et fortement médiatisées, certaines questions liées au nucléaire et à la sureté des installations, qui ont pourtant une importance fondamentale pour les hommes qu'elles concernent et l'ensemble de la société, sont aujourd'hui négligées par les responsables politiques, alors même qu'elles pourraient être résolues rapidement. C'est le cas de la sous-traitance, par les exploitants des centrales, d'un grand nombre d'activités essentielles à une multitude d'entreprises, dont les pratiques sont trop souvent mal connues et régulées.
La sous-traitance est très utilisée dans le secteur du nucléaire: la seule maintenance des centrales nucléaires d'EDF en France emploie plus de 20 000 intervenants extérieurs, au sein de 600 entreprises partenaires. Le recours à la sous-traitance découle essentiellement d'une forte exigence de compétitivité économique du secteur nucléaire: les exploitants, soumis à la concurrence des autres modes de production d'énergie, cherchent à diminuer leurs coûts. Ils sont donc amenés à recourir à des opérateurs externes spécialisés pour de nombreuses compétences, coûteuses à acquérir et conserver en interne. Les activités sous-traitées comprennent la maintenance, les inspections, la modernisation des techniques utilisées, en particulier pendant les interruptions d'activité, et les services d'analyse. Autant d'activités qui paraissent essentielles pour que le fonctionnement des centrales nucléaires réponde aux exigences de sureté qui sont les nôtres.
Or, l'organisation actuelle de la filière nucléaire, qui repose sur le recours à la sous-traitance, et le statut et les conditions de travail des employés de ces entreprises, peut générer un certain nombre de risques à même de remettre en cause les exigences de sécurité et de transparence. D'abord, il existe un problème de formation et de compétences des employés. Comme le souligne l'Observatoire du nucléaire de l'OCDE, "s'il existe un secteur qui nécessite une main d'oeuvre hautement qualifiée et très compétente, c'est bien l'industrie nucléaire". Nous ne pouvons tolérer aucune défaillance. Pourtant, pouvoir disposer de spécialistes expérimentés et compétents préoccupe de plus en plus les autorités de sureté de l'industrie nucléaire. Les conditions de formation ne sont pas toujours réunies dans un secteur qui, par nécessité de maximiser la rentabilité de ses activités, n'a pas intérêt à investir dans la formation du personnel à hauteur de ce qui s'avèrerait nécessaire pour assurer un niveau de sécurité maximum. De plus, en faisant appel à des sous-traitants, les exploitants perdent nécessairement le contrôle d'une partie des activités sous-traitées. Ainsi, il est permis de craindre que la quête de rentabilité des exploitations soit difficilement conciliable avec les exigences de sécurité et de sureté déjà évoquées. A ce titre, le dernier rapport de l'ASN soulève des faits qui doivent nous interpeler, et qui appellent à une action forte et décisive de la part de l'Etat. Par exemple, le rapport souligne que "la campagne d'inspections réalisée en 2010 a révélé l'insuffisance du suivi exercé sur les prestataires qui interviennent pour le compte de sous-traitants de premier rang". Enfin, il existe un risque pour les travailleurs employés par les sous-traitants en question: leurs conditions de travail, leur statut (qui n'est pas aussi sécurisant et valorisant que celui des salariés d'EDF ou d'Areva), en fait des personnes vulnérables, vivant dans des conditions souvent précaires, alors même qu'elles sont des rouages essentiels au bon fonctionnement de l'ensemble de la filière nucléaire. Or, nous sommes confrontés à un phénomène sur lequel l'Etat et le législateur ferment les yeux depuis trop longtemps, et qui revient, pour les exploitants des centrales, à véritablement "sous-traiter les risques d'irradiation". Afin de prendre la mesure de l'ampleur du problème, rappelons que chaque année, ce sont entre 20000 et 30000 travailleurs qui interviennent en sous-traitance dans l'industrie nucléaire, et accomplissent à ce titre une mission de service public essentielle, qui contribue à garantir la sûreté des installations nucléaires. Or, ces employés, qui effectuent la majeure partie des tâches de maintenance des centrales, sont souvent directement exposés aux rayonnements radioactifs: on estime qu'ils supportent plus de 80% de la dose collective annuelle d'irradiation reçue dans le parc nucléaire français. , les exploitants des centrales ne peuvent plus assurer les activités de maintenance sans surexposer les travailleurs à la radioactivité... C'est une des raisons du recours à la sous-traitance, et donc à des travailleurs précaires, que l'on fait passer d'une centrale à l'autre, bien que cette motivation soit souvent passée sous silence... Les études épidémiologiques permettant de mesurer l'impact du travail dans la filière nucléaire sur la santé des personnes concernées sont très peu nombreuses. C'est d'autant plus regrettable qu'une des seules études à notre disposition a exclu de fait les employés de sous-traitants de la cohorte étudiée. Cette étude , réalisée dans 15 pays par le Centre International de recherche sur le cancer, a montré en 2005 un risque accru de mortalité par cancers de tous types chez les travailleurs du nucléaire... alors même que les personnes suivies (n'étant pas les employés des sous-traitants) n'ont reçu que 20% des doses, contre 80% d'exposition aux rayonnements ionisants pour les salariés des sous-traitants! De plus, la gestion de l'emploi "par la dose de radioactivité" est hautement critiquable. En effet, peut on accepter que l'activité des travailleurs du nucléaire, au prétexte de préserver leur santé, soit conditionnée à une dose définie d'exposition aux rayonnements radioactifs? Cela constitue pour nombre d'entre eux une incitation à sous-déclarer leur exposition - en laissant par exemple le dosimètre qui est censé les accompagner dans leurs activités en zone protégée... De telles pratiques existent, mais elles sont rarement mentionnées officiellement: seul un rapport de l'inspecteur général d'EDF mentionne "une pratique préoccupante de salariés qui ne portent pas de dosimètre" en 2006. (Cette liste non exhaustive est appelée à être complétée, au grès des interventions extérieures et des évènements nouveaux qui seront portés à ma connaissance.)
L'ensemble des éléments évoqués ici appellent à être examinés et approfondis par une réflexion qui s'affranchirait de la dichotomie stérile "pour ou contre" le nucléaire. Les données en notre possession semblent indiquer qu'à ce jour, la filière nucléaire existe, et qu'à court terme nous ne disposons pas d'alternatives crédibles, à la fois aussi "propres" et pouvant générer autant d'énergie à bas coût que nos centrales. Il convient donc de répondre aux questions urgentes: par exemple, l'organisation et la régulation du recours à la sous-traitance, ainsi que le statut et les conditions de travail des employés de ce secteur, doivent être repensés rapidement, afin de s'assurer qu'aucune défaillance n'est possible dans ce domaine là.
Pour conclure, au regard du diagnostic brièvement établi ici, il paraît urgent de:
[1] Directrice de recherche à l'Inserm. [2] «Risk of cancer after low doses of ionising radiation : retrospective cohort study in 15 countries», Cardis et al., British Medical Journal, 2005. C’est la seule étude épidémiologique d’envergure sur le sujet. |
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