Fin novembre, le Président sortant s'etait invité sur le site du Tricastin (Drôme) pour se faire le défenseur d'une industrie qu'il a lui-même considérablement fragilisée et caricaturer les propositions de François Hollande et ce dans le vain espoir d’effacer son propre bilan.
Rappelons-nous les promesses sans lendemain chez Arcelor Mittal à Gandrange ou à Renault à Sandouville. L'absence de politique industrielle s'est déjà soldée par la destruction de 750 000 emplois depuis 2002.
Il ne suffit pas de visiter un site nucléaire et de répéter en boucle des contre-vérités pour faire oublier l’absence d’une véritable politique énergétique.
Avec M. Sarkozy, l’Etat actionnaire c'est l'Etat pour les actionnaires, qui recherchent des dividendes à court terme.
Avec lui, cette logique a toujours primé sur celle de l’Etat stratège, au détriment d'une vision industrielle de long terme et de la protection des consommateurs. Qu’il s’agisse de la privatisation de GDF (augmentation du prix du gaz depuis 2007 : + 60 %) ou le début de la vente par appartement d’AREVA avec sa filiale la plus rentable T&D (largement bénéficiaire), à chaque fois, c’est bien l’intérêt des actionnaires qui est privilégié.
L'augmentation des tarifs d’électricité, qui va d’ailleurs s’accélérer avec l’entrée en application de la loi NOME (+ 30 % sur les 5 prochaines années), a d'ores et déjà considérablement abîmé la compétitivité de nos industries. En 2009 et 2010, avec l’évolution des tarifs à effacement, ce sont les professionnels qui ont payé le plus lourd tribu des hausses décidées par le Gouvernement, avec une moyenne de près de + 10% par an. En 2011, les choses n’ont fait que s’accélerer avec une hausse de plus de 15 % des tarifs aux entreprises.
Le Président en campagne permanente fait aujourd’hui l’apologie de la sûreté nucléaire. Il oublie un peu vite qu’hier il était prêt à vendre des centrales au colonel Kadhafi et à promouvoir un nucléaire « low cost » qui met la pression sur les sous-traitants et maltraite les travailleurs du nucléaire.
La sécurité dans nos centrales est une exigence. On ne peut pas et on ne doit prendre aucun risque. Le traitement de nos déchets devra mobiliser nos efforts de recherche et nous devrons être exemplaires en matière de démantèlement.
Enfermer notre pays dans la dépendance à une seule énergie, qu'il s'agisse du pétrole pour les transports et du nucléaire pour l’électricité, n'est pas une solution durable pour notre population et notre économie.
Une France compétitive, créatrice d'emplois, c'est une France qui ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Pour cela, il faut créer de vraies filières intégrées d'énergies renouvelables. Elles devront être complémentaires d'une filière nucléaire toujours plus exigeante et sécurisée. C’est à ces conditions que nous réussirons notre transition énergétique et que nous créerons ainsi les conditions d’une croissance durable et riche en emplois.
Pour cela, nous avons besoin d’un Etat stratège sur lequel puisse s’appuyer AREVA. Le plan social de l'entreprise Areva aujourd’hui est d'abord la conséquence de son démentellement et de sa stratégie uniforme.
En mobilisant deux leviers essentiels, l'efficacité et la sobriété énergétique, nous modifierons le « mix » énergétique de notre pays. L’objectif n’est pas de détruire de la valeur et des emplois, mais au contraire de dynamiser et d’encourager la croissance de notre industrie pour devenir le leader mondial des énergies décarbonées.
La France a tous les atouts pour y parvenir. Il manque aujourd’hui une vision et une politique cohérente. Demain, avec une nouvelle stratégie fixée par l’Etat, Areva pourra retrouver l'excellence énergétique et la performance économique mais aussi conjuguer la justice sociale et la responsabilité environnementale.
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