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Mardi 12 juin 18 heures 30 : Salle Paul Avon - Le Teil

Mercredi 13 juin 18 heures 30 : Salle de l’Ouvèze - Privas

Vendredi 15 juin 18 heures 30 : Salle polyvalente - Saint Marcel d’Ardèche

 

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Jui

Discours du tricentenaire de la naissance de Marie Durand PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pascal Terrasse   

(crédit photo : Dauphiné libéré)

Le Bouschet de Pranles, Pranles le 26 juin 2011

 

Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs les élus, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,

C’est avec une très grande fierté que je me retrouve aujourd’hui ici dans la maison natale de Pierre et Marie Durand.

Nous sommes rassemblés pour célébrer le 300ème anniversaire de la naissance de Marie Durand. Je ne vous cacherai pas mon émotion. C’est en toute modestie, humble face à un tel destin que je m’exprime devant vous.

Mon émotion est grande tant l’histoire de cette femme se confond avec mon pays, l’Ardèche. Mais aussi avec des valeurs au cœur de mon engagement personnel. Mon émotion est grande tant son courage, sa détermination, sa résistance ont été admirables. Son destin a été tragique, sa ténacité hors du commun, sa détermination à la hauteur de sa foi.

 

Le Vivarais était une terre très protestante. Certaines vallées de notre département l’étaient encore un peu plus : les alentours de Privas, la vallée de l’Eyrieux, celle de l’Ouvèze.

La révocation de l’Edit de Nantes continuait de faire des ravages. La chasse aux protestants se poursuivait dans tout le royaume. Le Vivarais n’a pas fait exception et les victimes ont été nombreuses.

Dans ces destins broyés, dans cette guerre des religions, Marie Durand est devenue un symbole. Enfermée, pendant près de 40 ans à la tour de constance d‘Aigues Morte, elle a n’a jamais renoncé.

Elle a résisté au froid, aux tortures, à l’enfermement. Elle a surtout résisté au chantage de l’ordre établi qui lui promettait la liberté si elle abjurait sa foi. Cette guerre des religions est l’une des pages les plus sombres de notre pays. Elle l’a divisé. Elle l’a meurtri.

Elle a surtout dressé les Français contre eux-mêmes et introduit un clivage discriminant qui a perduré jusqu’au siècle dernier

Aujourd’hui, cette page est derrière nous. La tolérance religieuse, la laïcité se sont imposées.

Mais ce sont des conquêtes fragiles. Elles doivent faire l’objet de toutes nos attentions. Gardons-nous de les croire acquises pour toujours !

Il appartient à chacun d’entre nous, dans sa sphère individuelle comme publique, de veiller à respecter toutes les religions. Prenons soin de ne jamais amalgamer, ne jetons jamais l’opprobre sur un culte !

Le fait religieux connaît un renouveau. Ce n’est ni bien ni mal, dès lors que la République assure la paix sociale par son indépendance. Les haines et les peurs viennent de la méconnaissance. Plus que jamais dans ces périodes, le dialogue entre toutes les religions doit être la règle. Se parler pour toujours mieux se comprendre et se respecter.

Presque paradoxalement la vie de Marie Durand nous invite au dialogue religieux, celui, qui par définition, crée du lien entre les hommes. Elle nous invite à faire résonner aussi fort que possible le « plus jamais ça ».

Son destin se confond avec l’Ardèche et plus précisément avec l’histoire de ce département.

Aujourd’hui encore, le protestantisme demeure en Ardèche. Les traces de ce passé sont encore bien vivantes. L’influence de ses valeurs aussi.

Notre histoire est une chance. Elle nous rend riche de nos différences. Elle nous rend plus tolérant.

Je souhaite d’ailleurs saluer tout particulièrement mon ami Marc AUTRAN, Président de l'association du patrimoine huguenot de l'Ardèche. Il ne ménage ni son temps ni son énergie pour faire vivre et connaître ce patrimoine huguenot dont regorge notre département.

Nous avons toujours été dans l’histoire moderne une terre de résistance.

Je me suis toujours demandé pourquoi ?

Bien sûr, je pense à la résistance protestante, qui a été le premier mouvement de contestation massif de la monarchie absolue, à notre action pendant la révolution et plus récemment pendant la seconde guerre mondiale.

Je pense plus récemment à notre combat sans faille contre l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans le sud Ardèche. Piller les richesses de notre terre, c’est commencer à retirer une part de notre liberté.

La géographie n’est sans doute pas étrangère à cet esprit de résistance. Nos vallées étroites, notre climat rude nous protègent mais nous isolent aussi.

Vivre ici n’a pas toujours été facile. Alors il faut se serrer les coudes. La solidarité n’est pas un vain mot. Nous avons su mettre de côté nos différences pour voir avant tout en chacun de nous, l’homme, dans ce qu’il a de bon et surtout dans sa capacité à s’imposer une morale universelle.

Notre géographie nous invite à l’humanisme !

Alors lorsque la barbarie s’immisce dans nos terres, lorsque l’injustice et la haine veulent prendre le dessus, les Ardéchois ont toujours résisté.

C’est aussi ce message que nous délivre l’histoire de Marie Durand.

Je ne veux pas dramatiser. Mais ce message est aujourd’hui d’actualité. La résistance, la révolte depuis 6 mois, soufflent sur le monde arabe. Les peuples ont crié leur désarroi. Ils le payent parfois au prix de leur vie. La résistance continue. En Lybie, en Syrie, les révoltes continuent. La résistance s’organise.

Ici en Europe, en Grèce, en Espagne, au Portugal, la colère et l’incompréhension gagnent de l’ampleur.

La résistance et la révolte ont un autre visage : ce n’est pas celui des guerres de religion ni celui de la résistance à l’occupant.

Mais c’est bien le même refus qui demeure le moteur de cet engagement. Nous ne pouvons pas accepter, nous ne devons pas accepter de laisser des hommes et des femmes au bord du chemin.

Les inégalités se creusent. Les indignés se font entendre. En tant que responsable politique, je ne veux pas souffler sur les braises. Bien au contraire. Mais je comprends ce vent de colère, ce vent d’indignation qui se soulève.

Ici en France, beaucoup de nos concitoyens souffrent. Ils n’arrivent plus à faire face et redoutent pour la première fois, que les conditions de vie de leurs enfants ne soient moins favorables que les leurs.

Le progrès social ne saurait marquer le pas, sauf à considérer que nous rentrons dans une crise de civilisation inquiétante

Je crois qu’il y a urgence.

Il est urgent de redonner corps à nos valeurs d’égalité, de liberté et de solidarité.

En Ardèche, au Département, toute notre action repose sur cet objectif. La Solidarité est au cœur de toutes nos politiques.

Mais malheureusement, seuls nous ne pouvons pas tout.

Cette lutte contre les inégalités doit se mener partout. Cette indignation qui se propage et que je comprends, doit nous alerter collectivement et ce partout dans notre pays.

Vous le voyez, Marie Durand est d’une criante actualité. Alors lorsque Hervé Saulignac, Conseiller général du canton de Privas et donc de la commune de Pranles est venu me voir pour qu’on puisse, en lien avec le musée du protestantisme, organiser une manifestation en l’honneur de Marie Durand, je n’ai pas hésité un seul instant.

C’est donc tout naturellement que le Conseil général accompagne le musée du Vivarais Protestant à la réalisation d’un documentaire sur la vie de Marie Durand.

Qu’il me soit permis, chère Jacqueline Cook, de vous féliciter très chaleureusement et en toute amitié pour l’exceptionnel travail que vous menez avec les membres de l’association du musée tout au long de l’année. Les gardiens de la mémoire sont surtout les sentinelles de l’avenir.

Voilà les quelques messages que je souhaitais partager avec vous ce matin,

Marie Durand est une page sombre de l’histoire de France, mais elle en est aussi un symbole, un espoir et une invitation à penser le sens de nos engagements respectifs.

Symbole de résistance,

Symbole de l’identité ardéchoise,

Symbole de force et de courage,

Son combat a pris d’autres formes mais son message reste plus que jamais d’actualité et son abnégation un exemple.

C’est donc avec un immense honneur et une très grande fierté qu’aujourd’hui nous sommes rassemblés pour célébrer ce 300ème anniversaire, comme un hommage rendu à toutes nos libertés qui nous sont chères.

Madame la Présidente,

Mesdames, Messieurs les élus,

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,

C’est avec une très grande fierté que je me retrouve aujourd’hui ici dans la maison natale de Pierre et Marie Durand.

Nous sommes rassemblés pour célébrer le 300 ème anniversaire de la naissance de Marie Durand.

Je ne vous cacherai pas mon émotion. C’est en toute modestie, humble face à un tel destin que je m’exprime devant vous.

Mon émotion est grande tant l’histoire de cette femme se confond avec mon pays, l’Ardèche. Mais aussi avec des valeurs au cœur de mon engagement personnel

Mon émotion est grande tant son courage, sa détermination, sa résistance ont été admirables.

Son destin a été tragique, sa ténacité hors du commun, sa détermination à la hauteur de sa foi.

Le Vivarais était une terre très protestante. Certaines vallées de notre département l’étaient encore un peu plus : les alentours de Privas, la vallée de l’Eyrieux, celle de l’Ouvèze.

La révocation de l’Edit de Nantes continuait de faire des ravages. La chasse aux protestants se poursuivait dans tout le royaume. Le Vivarais n’a pas fait exception et les victimes ont été nombreuses.

Dans ces destins broyés, dans cette guerre des religions, Marie Durand est devenue un symbole.

Enfermée, pendant près de 40 ans à la tour de constance d‘Aigues Morte, elle a n’a jamais renoncé.

Elle a résisté au froid, aux tortures, à l’enfermement. Elle a surtout résisté au chantage de l’ordre établi qui lui promettait la liberté si elle abjurait sa foi.

Cette guerre des religions est l’une des pages les plus sombres de notre pays. Elle l’a divisé. Elle l’a meurtri.

Elle a surtout dressé les français contre eux-mêmes et introduit un clivage discriminant qui a perduré jusqu’au siècle dernier

Aujourd’hui, cette page est derrière nous. La tolérance religieuse, la laïcité se sont imposées.

Mais ce sont des conquêtes fragiles. Elles doivent faire l’objet de toutes nos attentions. Gardons-nous de les croire acquises pour toujours !

Il appartient à chacun d’entre nous, dans sa sphère individuelle comme publique, de veiller à respecter toutes les religions. Prenons soin de ne jamais amalgamer, ne jetons jamais l’opprobre sur un culte !

Le fait religieux connaît un renouveau. Ce n’est ni bien ni mal, dès lors que la République assure la paix sociale par son indépendance. Les haines et les peurs viennent de la méconnaissance. Plus que jamais dans ces périodes, le dialogue entre toutes les religions doit être la règle. Se parler pour toujours mieux se comprendre et se respecter.

Presque paradoxalement la vie de Marie Durand nous invite au dialogue religieux, celui, qui par définition, crée du lien entre les hommes. Elle nous invite à faire résonner aussi fort que possible le « plus jamais ça ».

Son destin se confond avec l’Ardèche et plus précisément avec l’histoire de ce département.

Aujourd’hui encore, le protestantisme demeure en Ardèche. Les traces de ce passé sont encore bien vivantes. L’influence de ses valeurs aussi.

Notre histoire est une chance. Elle nous rend riche de nos différences. Elle nous rend plus tolérant.

Je souhaite d’ailleurs saluer tout particulièrement mon ami Marc AUTRAN, président de l'association du patrimoine huguenot de l'Ardèche. Il ne ménage ni son temps ni son énergie pour faite vivre et connaître ce patrimoine huguenot dont regorge notre département.

Nous avons toujours été dans l’histoire moderne une terre de résistance.

Je me suis toujours demandé pourquoi ?

Bien sûr, je pense à la résistance protestante, qui a été le premier mouvement de contestation massif de la monarchie absolue, à notre action pendant la révolution et plus récemment pendant la seconde guerre mondiale.

Je pense plus récemment à notre combat sans faille contre l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans le sud Ardèche. Piller les richesses de notre terre, c’est commencer à retirer une part de notre liberté.

La géographie n’est sans doute pas étrangère à cet esprit de résistance. Nos vallées étroites, notre climat rude nous protègent mais nous isolent aussi.

Vivre ici n’a pas toujours été facile. Alors il faut se serrer les coudes. La solidarité n’est pas un vain mot. Nous avons su mettre de côté nos différences pour voir avant tout en chacun de nous, l’homme, dans ce qu’il a de bon et surtout dans sa capacité à s’imposer une morale universelle.

Notre géographie nous invite à l’humanisme !

Alors lorsque la barbarie s’immisce dans nos terres, lorsque l’injustice et la haine veulent prendre le dessus, les ardéchois ont toujours résisté.

C’est aussi ce message que nous délivre l’histoire de Marie Durand.

Je ne veux pas dramatiser. Mais ce message est aujourd’hui d’actualité.

La résistance, la révolte depuis 6 mois, soufflent sur le monde arabe. Les peuples ont crié leur désarroi. Ils le payent parfois au prix de leur vie. La résistance continue. En Lybie, en Syrie, les révoltes continuent. La résistance s’organise.

Ici en Europe, en Grèce, en Espagne, au Portugal, la colère et l’incompréhension gagnent de l’ampleur.

La résistance et la révolte ont un autre visage : ce n’est pas celui des guerres de religion ni celui de la résistance à l’occupant.

Mais c’est bien le même refus qui demeure le moteur de cet engagement. Nous ne pouvons pas accepter, nous ne devons pas accepter de laisser des hommes et des femmes au bord du chemin.

Les inégalités se creusent. Les indignés se font entendre.

En tant que responsable politique, je ne veux pas souffler sur les braises. Bien au contraire. Mais je comprends ce vent de colère, ce vent d’indignation qui se soulève.

Ici en France, beaucoup de nos concitoyens souffrent. Ils n’arrivent plus à faire face et redoutent pour la première fois, que les conditions de vie de leurs enfants ne soient moins favorables que les leurs.

Le progrès social ne saurait marquer le pas, sauf à considérer que nous rentrons dans une crise de civilisation inquiétante

Je crois qu’il y a urgence.

Il est urgent de redonner corps à nos valeurs d’égalité, de liberté et de solidarité.

En Ardèche, au Département, toute notre action repose sur cet objectif. La Solidarité est au cœur de toutes nos politiques.

Mais malheureusement, seuls nous ne pouvons pas tout.

Cette lutte contre les inégalités doit se mener partout.

Cette indignation qui se propage et que je comprends, doit nous alerter collectivement et ce partout dans notre pays.

Vous le voyez, Marie Durand est d’une criante actualité.

Alors lorsque Hervé Saulignac, conseiller général du canton de Privas et donc de la commune de Pranles est venu me voir pour qu’on puisse, en lien avec le musée du protestantisme, organiser une manifestation en l’honneur de Marie Durand, je n’ai pas hésité un seul instant.

C’est donc tout naturellement que le Conseil général accompagne le musée du Vivarais Protestant à la réalisation d’un documentaire sur la vie de Marie Durand.

Qu’il me soit permis, chère Jacqueline Cook, de vous féliciter très chaleureusement et en toute amitié pour l’exceptionnel travail que vous menez avec les membres de l’association du musée tout au long de l’année. Les gardiens de la mémoire sont surtout les sentinelles de l’avenir.

Voilà les quelques messages que je souhaitais partager avec vous ce matin,

Marie Durand est une page sombre de l’histoire de France,

Mais elle en est aussi un symbole, un espoir et une invitation à penser le sens de nos engagements respectifs.

Symbole de résistance,

Symbole de l’identité ardéchoise,

Symbole de force et de courage,

Son combat a pris d’autres formes mais son message reste plus que jamais d’actualité et son abnégation un exemple.

C’est donc avec un immense honneur et une très grande fierté qu’aujourd’hui nous sommes rassemblés pour célébrer ce 300 ème anniversaire, comme un hommage rendu à toutes nos libertés qui nous sont chères.


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