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Mercredi 13 juin 18 heures 30 : Salle de l’Ouvèze - Privas

Vendredi 15 juin 18 heures 30 : Salle polyvalente - Saint Marcel d’Ardèche

 

10

Oct

Pour tirer les premières leçons du premier tour de la primaire : retour sur une tribune, pour ne pas décevoir les oubliés de la mondialisation PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pascal Terrasse   

Le score exceptionnel d'Arnaud Montebourg au premier tour des primaires témoigne de la popularité des thèses qu'il a défendu tout au long de sa campagne. La nécessité de mettre au pas la finance, de réguler une mondialisation qui pour bien des Français est source d'incertitudes et d'insécurité économique et sociale, l'impératif de moralisation de la vie politique et publique... Ce sont là des thèmes forts qui sont chers à l'ensemble des citoyens de gauche et des républicains en général, et qu'Arnaud a eu le mérite de mettre au coeur des débats des primaires. Je le dis avec d'autant plus d'aisance que cela n'entre nullement en conflit avec mon engagement sans ambiguïté aux côtés de François Hollande. Les objectifs poursuivis par Arnaud Montebourg me semblent en effet très proches de ceux du candidat qui est arrivé en tête du premier tour. Pour preuve, veuillez trouver ci-dessous une tribune que j'ai publié sur ce blog en juin dernier, et qui me paraît à bien des égards refléter ce que le scrutin de dimanche 9 octobre a exprimé.

Ma conclusion ? Pour gagner en 2012, il faudra impérativement un choix sans ambiguïté porté sur le candidat le plus à-même de battre Nicolas Sarkozy, de défendre les "oubliés de la mondialisation" et de rassembler la gauche, du centre jusqu'à la gauche du Parti socialiste. François Hollande a démontré que son coeur était à gauche, et sa détermination intacte pour redresser notre pays face à la crise économique, sociale et morale que nous traversons.

"L'accusation de s'être coupé de l'électorat populaire a été portée contre le Parti Socialiste de manière récurrente ces dernières années. Voilà quelques semaines, le débat a ressurgit dans l'actualité, avec les conseils que certains "stratèges" auraient formulés, suggérant de renoncer pour de bon à un électorat jugé définitivement perdu...

Pour s'assurer la victoire aux prochaines échéances électorales, les socialistes doivent-ils renoncer à parler aux ouvriers, agriculteurs, ou aux travailleurs peu qualifiés, alors même qu'ils subissent de manière disproportionnée les conséquences de la crise économique, et sont les vrais oubliés d'une mondialisation qu'on crédite par ailleurs d'un accroissement de la prospérité mondiale depuis de nombreuses années ? Un parti de gouvernement dont l'ambition, s'il ne faut en retenir qu'une, est de redonner à chacun confiance et espoir en l'avenir, peut-il renoncer à apporter des réponses aux problèmes de ceux de nos concitoyens dont la vulnérabilité face à la mondialisation et la crise économique est la plus grande ?

Les faits parlent d'eux mêmes :

  • L'électorat ouvrier semble acquis en majorité à la droite et l'extrême droite : un sondage IFOP datant du mois d‘avril 2011, portant sur les intentions de vote des classes populaires (représentant 15% du corps électoral), accordait 36% d’intentions de vote au premier tour des présidentielles à Marine Le Pen, et 17% pour le président sortant (notons qu'à ce moment-là, DSK n'était pas encore hors course...)
  • Les agriculteurs, dont la situation s'aggrave au gré des crises qui s'enchaînent et noircissent un horizon déjà bien incertain, votent en majorité UMP et FN. Un sondage (baromètre Terre-net/BVA) datant du début avril 2011 plaçait Marine Le Pen à 30% des intentions de vote au premier tour des présidentielles de 2012, et 32 à 34% pour le président sortant.
  • La jeunesse, celle dont on attend qu'elle paie nos retraites, fasse fonctionner notre économie pour les décennies à venir, à qui on propose de servir l'intérêt collectif de manière obligatoire dans le cadre du service civique, ne croit pas en l'avenir que nous lui promettons. Les intentions de vote prêtent autour de 20% au premier tour des présidentielles à Marine Le Pen, quel que soit le candidat de gauche, et Nicolas Sarkozy entre 14 et 20%... selon un sondage Ipsos de fin mars 2011.

Faut-il alors renoncer, alors même que notre héritage politique et nos valeurs, constitués d'égalité des chances et de l'accès au service public, à la santé, à l'emploi, de justice sociale, de progrès, d'une foi inébranlable en un avenir meilleur, de cohésion sociale, de solidarité entre riches et pauvres, entre jeunes et vieux... sont celles qui paraissent le mieux à même d'apporter des réponses à ceux que la politique menée depuis des années a déçus, qui sont en attente de protection (de leur emploi, de leur mode de vie...), de sécurité et de justice, et qui se sentent vulnérables face à une mondialisation qu'ils ne comprennent pas ?

Selon un récent rapport de Terra Nova, "La classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs". On nous propose de nous adresser à "la France de demain", une coalition hétéroclite de catégories sociales variées, un électorat plus jeune, plus féminisé... on devrait donc s'adresser exclusivement aux classes moyennes au sens large, alors même qu'on a toutes les peines du monde à identifier cette "France de demain" sortie tout droit de l'esprit des experts sondagiers...

Les ravages de la crise économique n'ont fait que mettre en lumière un état de fait sur lequel, par manque d'imagination ou pour avoir trop cédé aux arguments d'un certain nombre d'idéologues qui nous vendaient l'hyperlibéralisation et la subordination de l'Etat au Marché tout puissant comme seul moyen d'accroître la prospérité collective, nous avons trop longtemps fermé les yeux. Aujourd'hui, le système économique tel qu'il est organisé laisse un grand nombre de nos concitoyens au bord de la route : travailleurs peu qualifiés, jeunes sortis sans diplôme du système scolaire, ouvriers qui voient leurs emplois délocalisés, agriculteurs qui font face à une concurrence extérieure sans pouvoir lutter à armes légales... Or, preuve est faite qu'aucun marché ne peut fonctionner sans règles,  sans limites, sans cadre institutionnel. Pour preuve : qu'auraient fait les banques, au plus profond de la crise de 2008, sans l'aide des Etats qui ont volé à leur secours ? Le mythe du marché "autorégulé" a vécu. Prenons-en acte, et remettons enfin l'Homme, ses aspirations, son besoin d'accompagnement tout au long de la vie et de protection face aux forces qu'il ne contrôle pas, au coeur de l'organisation sociale et économique.

A qui s'adresse le Parti socialiste, lorsqu'il s'engage à augmenter les droits de douane sur les produits provenant de pays ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire, et environnementale, sinon à ceux à qui l'on demande de se battre contre une concurrence internationale acharnée, alors que les règles du jeu sont truquées, et qu'ils ne peuvent lutter à armes égales ?

A qui s'adresse-t-il lorsqu'il propose une relocalisation de l'agriculture, visant non pas à "fermer les frontières" et sombrer dans un protectionisme régressif, mais encourager et privilégier une agriculture locale de qualité, respectueuse de l'environnement et de la santé des populations, et permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail ?

Lorsque le parti socialiste propose de mettre fin aux rémunérations abusives, et de donner un véritable pouvoir décisionnel à des salariés qui ne sont souvent que la variable d'ajustement des méthodes managériales d'entreprises qui ne servent que les intérêts financiers ?

Ces réponses, à mon sens, appellent à être complétées, enrichies, améliorées... Par exemple en donnant plus de poids aux mesures ciblées sur la jeunesse, pour rétablir une égalité des chances face à l'éducation et à l'accès au marché du travail qui n'existe plus dans notre pays. Ou bien sur la formation tout au long de la vie, notamment pour les travailleurs les moins qualifiés qui sont durement touchés par les délocalisations qui les obligent à des reconversions difficiles. Mais le projet tel qu'il est constitue un socle de mesures essentielles pour préparer l'avenir et rétablir la justice sociale, la solidarité, la protection des plus vulnérables, et l'espérance dont l'électorat populaire a tant besoin.

Les propositions du parti socialiste ont pour ambition de s'adresser à l'ensemble des Français, non à les diviser en groupes d'intérêts antagonistes. Il faut définitivement discréditer l'idée absurde, que la politique menée par la droite a contribué à ancrer profondément dans notre inconscient collectif, que le bonheur des uns doit nécessairement se faire au détriment de celui des autres. Dans le contexte de la mondialisation, le sors des uns est inextricablement lié à ceux des autres, et on ne pourra imaginer d'avenir que solidaire, de prospérité que partagée équitablement. C'est pour cette raison que le parti socialiste a le devoir de répondre aussi aux aspirations des classes populaires, aux laissés pour compte de la mondialisation, et apporter de vraies réponses à cet électorat désemparé.

Ma conclusion est simple et sans appel : en 2012, nous ne devons pas oublier ceux que le système économique actuel a laissé sur le bord de la route. D'abord et avant tout parce que cela reviendrait à nous renier nous-mêmes, à renier les raisons profondes de notre engagement politique. Mais aussi parce qu'en laissant l'électorat populaire croire aux mirages des extrêmes ou d'une droite qui les a trop souvent oubliés, nous serions aussi coupables de trahison à leur égard."


Pour tirer les premières leçons du premier tour de la primaire : retour sur une tribune, pour ne pas décevoir les oubliés de la mondialisation
 
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