Lundi 17 janvier 19h, Foyer municipal
Je me souviens comme si cela était hier.
Je me souviens de mon premier discours devant vous il y a tout juste 17 ans .
Le temps a passé.
Du haut de mes 27 ans, il faut dire maintenant, en vérité j’étais à la fois très fier des responsabilités que vous m’aviez alors confiées, mais aussi très intimidé face à la fonction de conseiller général.
Il y avait à l’époque une poignée de fidèles, au premier rang desquels mon ami Max Carrière, qui a bien voulu me faire confiance.
Puis au fil des années, celles et ceux qui doutaient de ma volonté ont compris que mon engagement en politique n’avait rien de sectaire.
Qu’au contraire mon objectif était de rassembler. Rassembler le plus grand nombre d’entre vous, car je suis convaincu que l’on ne peut avoir raison tout seul. Que c’est bien en conjuguant nos intelligences, nos savoirs que l’ont peut avancer.
Le rôle d’un élu n’est pas de couper la population en deux.
D’un coté les bons, de l’autre coté les mauvais.
Le rôle d’un élu n’est pas non plus d’essayer d’opposer les populations entre elles.
A trop vouloir stigmatiser tel ou tel, parce qu’il pense différemment, qu’il soit jeune ou vieux, noir ou blanc, agnostique ou croyant, chômeur ou actif, on oublie parfois l’essentiel. L’essentiel c’est d’abord servir.
Trop d’élus, de responsables économiques l’oublient.
L’affaire Bettancourt, en est le plus parfait exemple. Cette affaire nous plonge dans ce que la société a de plus détestable.
Des financements troubles, des rentiers cupides, des mensonges, des détestations familiales, des avocats affairistes, sans compter une presse avide d’immédiateté.
Cette affaire est révélatrice de notre société en mal de repères. Une société où seul l’argent et l’individualisme triomphent. Je crois que les années bling bling ont abîmé notre pays. La France est la patrie des droits de l’homme, son identité est bafouée lorsque l’on oublie notre trilogie liberté, égalité et fraternité. Cette identité doit raisonner encore dans l’inconscient collectif.
Notre société est malade, parce qu’elle attend toujours plus de l’autre, parce que la responsabilité collective s’est transformée en droit individuel. Notre vivre ensemble doit être refondé sur une notion de droit, qui doit se conjuguer avec devoir.
Nous devons redéfinir le mot respect, pour qu’il soit compris par tous, et qu’il ne soit pas à sens unique.
Oui nous ne pouvons pas toujours attendre de la main invisible, que demain soit meilleur qu’hier.
Face à la crise, à la financiarisation de l’économie, nous devons réaffirmer des valeurs où la notion de travail soit déterminante face à la rente. Le bouclier fiscal, c’est l’antithèse de la valeur travail.
Que l’effort soit reconnu à sa juste valeur. Que l’exemple qu’a donné l’équipe de France lors du mondial, soit le contraire de la vie que nous souhaitons pour nos enfants. L’individualisme poussé à l’extrême jusqu’à oublier toute valeur collective, voilà le résultat des millions distribués à des joueurs trop gâtés! c’est exactement le contraire que nous voulons pour nos enfants !
Mes cher amis, après 17 ans à vos cotés, j’ai de plus en plus de mal à comprendre l’horizon, le sens que l’ont veut donner à notre pays. La France serait le pays le plus anxiogène du monde nous dit-on.
Même les pakistanais aurait une vision de l’avenir plus optimiste que la nôtre. La France serait-elle malade d’un déclassement ?
La France n’a-t-elle pas connu des périodes plus douloureuses ?
A la sortie de la seconde guerre mondiale le Conseil National de la Résistance a su construire sur un champ de ruines les bases d’un nouvel ordre social.
Les congés payés, la retraite, la sécurité sociale, la gratuité scolaire, le droit à la dignité par le travail…il y avait de grands hommes à l’époque.
Manquerions-nous suffisamment d’audace pour récréer les conditions d’un autre modèle social et économique ?
Je ne le crois pas .
Il faut certes s’indigner. Mais je suis résolument optimiste pour penser que c’est dans les périodes les plus difficiles que notre pays a su rebondir. Que rien ne sert de se laisser bercer par les douces chansonnettes des extrémistes de tout poil. A t-on un seul exemple dans l’histoire de France où les donneurs de leçon venant des extrêmes aient apporté quelque chose de bon pour le pays ? (A part peut être pour l’industrie militaire et la construction de monuments au mort).
Moi, je veux être optimiste en l’avenir car j’ai surtout confiance en la capacité de chacun à se dépasser face à cette crise qui n’en finit pas.
Sur notre bout d’Ardèche, ici où se croisent le Rhône et l’Ardèche, nous voyons le travail accompli ces dernières années :
Des réseaux routiers satisfaisants, des établissements scolaires modernes, des transports collectifs et scolaires adaptés aux besoins, des associations dynamiques, une économie qui résiste mieux qu’ailleurs, un environnement protégé et une qualité de vie valorisée, des services et des institutions pour les personnes âgées modernisés, et des communes toujours plus attrayantes et dynamiques.
Notre canton a augmenté sa population depuis que je suis élu, de 2100 habitants. C’est un signe de vitalité.
En choisissant notre territoire, France Télévision et les réalisateurs de l’émission des Racines et des ailes ne s’y sont pas trompés !
Notre canton a du ressort, nos ambitions sont bien présentes : la construction de la nouvelle caserne de pompiers, moderne et efficace sera opérationnelle dès cette année,
L’hôpital cantonal dont on devrait dans quelques semaines inaugurer la deuxième tranche de travaux va répondre à des exigences sanitaires majeures,
La réforme du décret de gestion de la réserve naturelle des gorges de l’Ardèche sera un acte fondamental pour un développement harmonieux du territoire,
Les premiers travaux de la grotte Chauvet ont commencé et permettront de se tourner vers une économie touristique durable,
Le pays d’art et d histoire renforcera notre attractivité.
La mise en place du premier réseau public de fibre optique a permis à 90 % des habitants d’être couverts par le haut débit. Pour les autres, les 10% restant avec France Telecom des projets seront mis en place à St Marcel, St Martin et Gras dès cette année.
D’autres projets vont toucher à la viticulture à travers le nouveau programme d’accompagnement et de modernisation de la filière que je viens de lancer, le PIDA vin.
L’extension de la société Ardatem qui va dépasser les 300 salariés est de bon augure.
La prochaine reconquête de la friche Novoceram en matière d’habitat et de commerce sera un enjeu majeur en matière d’aménagement urbain.
Je voudrais d’ailleurs profiter de cette occasion pour vous dire qu’il nous faudra penser à l’occasion de la reconversion de cette friche industrielle au repositionnement de la caserne de gendarmerie.
Et puis, je veux le dire ici au maire de Bourg-Saint-Andéol, que le département sera solidaire du canton, pour la construction d’un nouvel espace sportif.
La commune de Bourg-Saint-Andéol qui compte deux collèges et lycées et la seule ville de plus de 5000 habitants d’Ardèche à n’avoir qu’un équipement sportif, ce n’est pas acceptable.
Je voudrais aussi profiter de l’occasion qui m’est donnée pour dire à tous les élus locaux, maire, adjoints, conseillers municipaux, que je serai encore cette année à leur écoute.
Que le conseil général, que ce soit à travers ses services ici sur le canton (service des routes, le centre médico-social, les employés du collège, de l’école de musique, des assistantes familiales et maternelles agréées), ou nos services à Privas ils répondront toujours présents. Notre aide ne faiblira pas, bien au contraire.
Je voudrais aussi me tourner vers le mouvement associatif, qu’il soit culturel, sportif, dans l’action sociale ou humanitaire pour vous dire, que nous ne vous laisserons pas tomber.
Malgré les reformes institutionnelles qui vont nous priver de ressources, nous serons à vos cotés pour vous soutenir et vous accompagner.
Le mouvement associatif a perdu cette année de grande et belle personnalité. Des hommes et des femmes de cœur : je voudrais les citer pour ne pas les oublier, je pense en particulier au couple Castinel très investi dans le vie culturelle, et Pierre qui fut mon compagnon de route lorsque je siégeais au conseil municipal de Bourg-Saint-Andéol,
Je pense aussi à Jeannine Drovin inlassable Présidente de l’entente Bourguésane,
à René Suc très investi dans l’action patrimoniale et cultuelle, qui vient de nous quitter,
à notre ami …… Garcia infatigable sportif et toujours rayonnant de bonheur.
Sans compter Christine Combet qui s’est battu jusqu’au bout de la maladie, mais qui nous a donné à tous une leçon de vie.
J’en oublie certains, en tout cas à chaque départ vers l’inconnu, on peut douter sur nos petit malheurs. Ici encore la société de l’être doit primer sur la société de l’avoir.
Je ne voudrais pas terminer mon intervention bien trop longue par une note de tristesse.
Vous l’avez compris notre canton vie, à l’image des hommes et des femmes qui le composent.
On construit pas seulement pour soi mais aussi pour les autres.
Chacun à notre place on essaie de bâtir un avenir meilleur au profit des générations suivantes. C’est notre responsabilité collective.
C’est en quelque sorte une obligation morale que nous avons à respecter, notamment à l’égard de celles et ceux qui nous on précédé.
Aucun combat n’est gagné s’il n’est pas livré. Bien des combats nous attendent face à nos solitudes, à la maladie, au chômage, à l’angoisse de ne pas pouvoir boucler sa fin de mois.
C’est la raison pour laquelle depuis 17 ans je suis à vos cotés.
C’est la raison pour laquelle j’arrive encore à donner du sens à l’action quotidienne que je mène à vos cotés.
Dans la proximité, sans arrogance simplement dans l’accomplissement des responsabilités que vous m’avez confiées.
Parce que je veux être respectueux de l’honneur que vous me faites en me donnant votre confiance, il est normal que je vous rende compte de mon travail.
Cette cérémonie des vœux en est l’exemple, comme la brochure qui vous a été envoyée ces jours derniers dans vos foyers.
Le bulletin cantonal que vous pourrez vous procurer à la sortie retrace de manière exhaustive l’action que je mène à vos cotés tout au long de l’année.
Dans quelques instants aux cotés du Président de la Communauté de communes, mon ami Jean Paul, et de ma suppléante Brigitte Pujuguet nous nous dirigerons vers le buffet préparé par les élèves du lycée hôtelier à qui je voudrais rendre hommage pour leur travail.
Cet hommage vaut aussi pour toute la communauté éducative, qui se bat au quotidien avec des moyens toujours plus faibles pour donner toujours plus à nos jeunes.
Venons en au principe même de cette soirée. Pour faire simple je voudrais m’adresser à vous tous et à travers votre présence à tous les habitants du canton pour vous souhaiter des vœux de bonheur, de joie et de réussite.
Que cette année nouvelle vous apporte des ressources positives, qu’elle nous redonne collectivement l’ambition du vivre ensemble.
Avec Sabine ma compagne, nous vous souhaitons en toute simplicité une bonne et heureuse année 2011.
Je vous remercie de votre attention.
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