Le Parti socialiste estime jeudi que le discours de Nicolas Sarkozy sur la politique de santé "a oscillé entre généralités et incantations". Pour Pascal Terrasse et Claude Pigement, en charge du secteur santé au parti, les annonces faites à Bletterans (Jura) sur les bienfaits de la prévention "étaient lénifiantes, celles sur le pilotage du système de santé à travers les Agences régionales de santé creuses et ne tranchant pas les questions en suspens". Par ailleurs, le président s'est montré "ambigu sur les modalités d'encadrement des dépassements d'honoraires qui minent l'assurance-maladie solidaire". Le PS se dit "très inquiet" de ces propos, "en particulier leurs conséquences sur le financement des hôpitaux publics". Il juge "particulièrement surréaliste" le fait de "parler de redistribution d'excédents hospitaliers quand les deux tiers des hôpitaux sont déficitaires et que seulement deux CHU sont excédentaires". MM. Terrasse et Pigement observent que "le principe de redistribuer les excédents financiers éventuels aux personnels hospitaliers est pervers: si l'hôpital public doit gagner en efficience, sa vocation première n'est pas de faire des excédents, mais de bien soigner, au meilleur coût, toute la population sans discrimination. La tarification à l'activité, telle qu'elle fonctionne actuellement, incite à sélectionner les malades et les pathologies. La recherche à tout prix d'excédents amplifierait cette dérive en excluant les malades dits 'non rentables'".
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