J’ai été récemment alerté de la situation particulièrement critique du service d’urgences de l’hôpital Edouard Herriot de Lyon. En effet, les infirmiers, aides soignants, et agents de service, sont en grève depuis le 8 décembre 2008, soit plus de sept semaines ! Ils dénoncent les dysfonctionnements et les manques de moyens financiers et humains qui menacent la qualité et la sécurité de la prise en charge des patients dans nos hôpitaux publics. Le pavillon N de l'hôpital Edouard Herriot représente le principal pôle d'accueil des urgences médicales et psychiatriques de l'agglomération lyonnaise, avec plus de 35 000 passages par an, et est l'un des seuls des Hospices Civils de Lyon à afficher une activité bénéficiaire (environ 5 millions d'euros) avec un accroissement de l'activité de 15% en trois ans. Pourtant, ces urgences fonctionnent aujourd'hui à 80% du temps en dessous de l'effectif normal théorique, dans des locaux vétustes et inadaptés. Cette dégradation exponentielle de nos hôpitaux publics ne peut plus durer ! Les drames de décembre 2008 en sont la plus évidente preuve. Si la santé n’a pas de prix, elle a bien un coût, et je suis pour ma part convaincu que les positions exprimées par le Chef de l’Etat, voulant expliquer les difficultés des hôpitaux par un simple problème d’organisation, relèvent de la naïveté et illustrent sa profonde méconnaissance du terrain. Les revendications des personnels des urgences de l’hôpital Edouard Herriot sont justes et nécessaires, puisqu’elles consistent à demander le respect des effectifs normaux, afin de garantir la qualité et la sécurité des soins. C’est d’ailleurs aujourd’hui la préoccupation majeure des personnels hospitaliers dont les conditions de travail se dégradent perpétuellement, qu’il s’agisse de grands CHU ou d’hôpitaux ruraux. Si le Gouvernement veut préserver la qualité de notre système hospitalier, il doit donner de réels moyens à ses ambitions !
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