Mes chers amis, Ma chère Jeannine, J'étais à tes côtés, il y a encore quelques jours, pour boire
un apéritif amical. Ton verre de vin blanc à la main, nous avons échangé, discuté de tout et de rien. Dans ta chambre, tu as
demandé à ta fille Evelyne d'ouvrir la fenêtre, comme pour mieux voir les rayons du soleil. Au fond, je pense Jeannine, que tu
savais que nous ne nous reverrions plus. Dans tes yeux il y a 10 jours aujourd'hui, en refermant la porte, je t'ai dit au revoir.
Au revoir à cette femme que tu étais, à cette femme de caractère et de tendresse. Ton caractère, tu devais le tirer de tes racines
corses. Quelque fois, il t'a pénalisée dans tes missions. Le défaut de tes qualités. Je reste convaincu que c'est lui qui t'a
donné l'énergie pour mener tous ces combats professionnels et associatifs. Et c'est encore avec lui que tu as mené ton dernier
combat. Cette maladie qui ne t'a laissé aucun répit, tu l'as combattue jusqu'au bout sans te plaindre. Tu voulais d'abord
épargner tes proches, ta famille, comme pour ne déranger personne. Aujourd'hui tu t'en vas, tu nous quittes et au moment où
j'écris ces quelques mots, je pense aux formidables moments que l'on a passés ensemble. Avec les villes jumelles de Montchau, en
Allemagne et d'Albertisa, en Hongrie, bien sûr ! Il faut rappeler que ces jumelages, tu en étais à l'origine ! Et puis toutes ces
cérémonies patriotiques sous la pluie, face au mistral ou sous le soleil écrasant de notre midi, tu étais toujours présente.
L’Harmonie de l’Entente Bourguésane, 3 mots commençant par HEB… H comme Honneur ! E comme Estime ! B comme Bonheur ! Ton code
d’honneur c’était ta loyauté à l’égard de tes amis et de tes convictions. De l’estime, tu en avais pour chacune et chacun d’entre
nous. Je pense à ces jeunes et moins jeunes que tu as accompagnés et à qui tu as permis de se réaliser dans la musique. Ils peuvent
aujourd’hui témoigner, te dire ce qu’il y avait de grand chez toi ! Et le B de bonheur, car je sais combien pour toi, de voir ton
garçon Toto et ta fille Evelyne être à tes côtés, à chaque instant était un véritable bonheur. Ce bonheur lors du dernier corso de
Bourg, tous voulaient le partager avec toi et puis, cela fut trop difficile pour toi. Dans le creux de l’oreille, l’autre jour tu
m’as dit ton regret de ne pas les avoir vus. Ils sont là aujourd’hui pour toi. La musique, ce fut toute ta vie, mais aussi celle de
ton mari, que tu rejoins aujourd’hui et qui te ressemblait tant ! Je me souviens de tous ces moments, où vous étiez là pour fêter
ma première élection de conseiller général, puis de député de l’Ardèche. Toujours là, et moi en cette après-midi, je suis absent.
Je me sens tellement, terriblement coupable d’un défaut d’amitié, et je veux que tu saches, et tu me le pardonneras, qu’au moment
où ces quelques mots seront lus, je serai avec le Préfet de l’Ardèche pour co-présider la séance du Budget complémentaire du
Conseil général. J’ai demandé à Thomas Merzi, mon Directeur de Cabinet, de lire ces quelques phrases. Je sais que ce qui compte
pour toi, ce ne sont pas les faux semblants, les postures, mais la sincérité et l’amitié vraie. Les gens qui s’en vont, les justes,
les héros du quotidien, on ne les oublie jamais ! Tu sais, Jeannine, si tu demandes à ceux qui ont quitté l’Entente Bourguésane il
y a 10 ans, s’ils connaissent le nom du dernier prix Nobel de physique, ils auront bien du mal à répondre. Mais si tu leur demandes
qui les a amenés à la musique : c’est ton prénom, Jeannine qui sera prononcé ! Tu avais le bénévolat dans le cœur, un cœur à
gauche, parce que les injustices, quelles qu’elles soient, te mettaient en rage. Derrière ton visage parfois rugueux, se cachait
une femme pleine d’humanité, à la grande gentillesse, une de ces mamans dont on peut rêver un jour ! Le rêve pourtant ne s’arrête
pas là. la seule véritable mort porte un nom « l’oubli ». A 72 ans, tu es partie rejoindre ton époux. Tu laisses tes enfants avec
leur chagrin. Pour nous tous, tes amis, tu seras toujours « Jeannine au cœur musicien ». Parce que la musique ne s’arrête jamais,
une partie de toi s’en est allée, mais à chaque fois que l’Entente bourguésane raisonnera, alors on entendra un peu de nos cœurs
battre pour toi. Jeannine, je ne t’oublierai jamais. Adieu mon artiste.
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