Chers concitoyens, Alors que
l'été s'achève, il convient de revenir sur les réalités de la vie politique... Je me dois de vous alerter sur la nature du débat
qui se profile au sujet des retraites. La fin du mois de juillet a été marquée par l'examen du projet de loi portant réforme des
retraites par la commission des affaires sociales. Calendrier soigneusement choisi par le gouvernement qui souhaite que ce débat
fasse le moins de bruit possible. Vous en avez peu entendu parler pendant l'été ? N'est-ce pas le signe que la réforme qui
s'annonce sera plus qu'injuste pour une majorité de Français ? Ci-dessous une compilation de quelques-unes de mes interventions :
{"Voilà un débat bien mal engagé. Vous répétez les mêmes erreurs commises lors des réformes de 1993 et de 2003. D'abord, monsieur
le ministre, vous confondez négociation et concertation. Si une bonne réforme des retraites suppose la consultation des partenaires
sociaux, elle implique aussi une part de négociation. Or, vous n'avez pas engagé la moindre négociation. Ensuite, en confinant
l'examen de ce texte au cœur de l'été, puis dans une session extraordinaire d'une dizaine de jours début septembre, vous refusez
aux Français le débat serein qu'ils attendent de nous. Enfin, et cela traduit votre profonde méconnaissance de l'histoire sociale
de notre pays, vous essayez de passer en force en faisant l'économie d'un accord a minima avec les partenaires sociaux. Vous ne
pouvez pas sérieusement faire fi de l'opposition unanime du mouvement social à votre réforme, en dépit de tous vos efforts pour le
diviser. Ce que nous proposons nous, c'est un véritable processus de réforme. Il aurait tout d'abord fallu travailler à partir
d'un diagnostic partagé, ce que ne constituent pas les travaux du COR. Il eût fallu ensuite que la mission de dialogue aboutisse,
ce qui n'est encore une fois, pas le cas. Enfin, il n'y a pas eu de négociation au vu d'un accord interpartenarial. Nous
abordons donc le débat législatif sans que tout ce travail préliminaire ait été mené à bien. Enfin, votre réforme est hémiplégique.
L'hypothèse de départ a été qu'un problème démographique appelait une réponse démographique, ce qui est une erreur ! Et vous
persistez dans votre erreur puisque vous avez, hélas, exclu d'emblée toutes les propositions du Parti socialiste, pourtant toutes
financées – à la différence des vôtres !"} [Jean Mallot (Député socialiste de l'Allier) a en effet rappelé qu'il manquait 15,6
milliards d'euros pour financer le projet du gouvernement] Je me suis attaché à évoquer les injustices liées aux retraites des
femmes, des polypensionnés et à défendre le droit à la retraite à 60 ans. {"D'abord, la retraite à taux plein à 60 ans n'a jamais
existé – et il n'est pas question pour les socialistes de la réclamer. Par ailleurs, le nouveau dispositif conduira des femmes qui
ont connu des interruptions de carrière à reculer leur départ à 67 ans. En outre, certains assurés sociaux qui auront commencé tôt
seront obligés de cotiser 44 annuités, ce qui aura un impact sur le travail des salariés. Il importe de donner à tout salarié qui
le souhaite la possibilité de partir à l'âge de 60 ans. Pour ceux qui souhaitent aller au-delà il conviendrait de créer des
surcotes. Nous ne voulons pas ajouter, comme le préconise le gouvernement, de la misère à la misère. Le départ à 60 ans est pour
les socialistes un marqueur très fort sur lequel nous insisterons lors des débats en séance publique".}
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