Tribune – Lutte contre l’obésité : pour une révolution de l’alimentation

Close-up of various fruits and vegetables

A l'heure des fêtes de fin d'année, au moment où nous allons nous réunir en famille, il me semble important de rappeler que bien se nourrir est une question de santé publique. Dans le cadre de mes fonctions parlementaires, j'ai la chance d'être vice-Président du groupe d'études "santé et alimentation" à l'Assemblée Nationale. Cela m'amène à travailler sur ces thématiques et c'est pourquoi je souhaite partager avec vous cette tribune que j'ai récemment rédigée.

Lutte contre l’obésité : pour une révolution de l’alimentation

Les chiffres sont toujours plus inquiétants. Une dernière étude de l’INSERM indique que 56,8 % des hommes et 40,9 % des femmes en France sont soit en surpoids, soit en situation d’obésité. Ces données témoignent d’une tendance qui va en s’accélérant au sein de la société française. Il s’agit là d’un problème de santé publique face auquel il est important d’agir. Car l’obésité, en plus d’être handicapante au quotidien, démultiplie les risques sanitaires pour ceux qui en souffrent : pathologies cardio-vasculaires, maladies chroniques, diabète, cancers…

Comment, dès lors, appréhender ce problème qui touche chaque année toujours plus de Français ? En tant que Député et ancien Président de Conseil Général, j’ai la chance de pouvoir prendre part aux réflexions sur ce sujet et mettre en œuvre des mesures parfois originales, mais qui font leurs preuves.

L’alimentation, le premier médicament

La première cause de l’obésité est aussi sa meilleure solution : l’alimentation. Tout le monde connaît le slogan « Pour votre santé, évitez de manger, trop gras, trop sucré, trop salé ! ». Malheureusement, la prévention ne semble pas suffisante à enrayer cette épidémie qu’est l’obésité.

Si une alimentation saine est un moyen d’éviter le surpoids et donc de se prémunir de ses risques, c’est aussi une façon de se soigner. L’alimentation est notre premier médicament. Se nourrir sainement et de manière équilibrée reste le moyen le plus efficace de prendre soin de sa santé et de son corps.

Pourtant, il est encore aujourd’hui difficile pour certains foyers aux revenus les plus faibles de pouvoir se procurer une alimentation saine et de qualité. A cela s’ajoute le poids des inégalités socio-économiques qui nécessitent une réponse forte des pouvoirs publics. C’est ce à quoi je m’attèle depuis plusieurs années en tant que Député et élu local.

L’importance du recours aux circuits courts

Au cours de mon mandat de Président du Conseil Général, j’ai ainsi pris la décision d’instaurer un programme visant à utiliser des produits locaux et de saison au sein de la restauration collective. Le succès a été tel que la Chambre d’Agriculture de l’Ardèche l’a repris afin de le développer.

Cette démarche vise un objectif simple, permettre à tous les Ardéchois de pouvoir consommer des produits locaux, de qualité, au plus bas prix. Car bien manger inclut une notion sanitaire mais aussi une idée de goût, les deux ne devant pas être séparés. C’est ce que représente ce beau projet basé sur les circuits-courts. L’opportunité pour des milliers d’élèves et de travailleurs d’avoir accès chaque jour à une alimentation saine et de qualité, tout en étant financièrement accessible.

L’économie collaborative comme outil au service de l’alimentation

A l’instar des changements qui traversent notre société, l’alimentation n’échappe pas à l’avènement de la consommation collaborative. Ce mouvement doit être perçu comme une opportunité à saisir, une chance pour notre alimentation et notre santé.

L’économie collaborative et le numérique ont fait émerger de formidables outils qui sont désormais à la disposition du plus grand nombre. Il suffit de constater la multiplication des applications et sites Internet permettant de relier producteurs locaux et consommateurs pour voir que le numérique n’est pas l’ennemi de la production locale, bien au contraire. En facilitant la désintermédiation, le recours aux circuits courts est simplifié.

La santé et l’alimentation sont donc deux facettes d’une même pièce. Les traiter séparément serait une grave erreur. Développer une alimentation saine, de qualité et locale est la première des réponses pour faire face à la menace sanitaire que représente l’obésité. Dans cette optique, le recours à l’économie collaborative et aux outils numériques semble aller de soi. C’est en tout cas une chance unique qu’il faut s’empresser de saisir.