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21

Jan

AUGMENTATION DU NOMBRE D’ENFANTS SCOLARISES, SUPPRESSION DE POSTES D’ENSEIGNANTS : L’ÉQUATION IMPOSSIBLE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pascal Terrasse   

Communiqué de presse du Conseil général de l'Ardèche

Le 21 janvier 2011

La répartition des moyens budgétaires entre les Académies pour la prochaine rentrée scolaire a été dévoilée le 16 décembre. Le verdict est sans appel et touche tout le territoire national : 16 000 suppressions de postes en 2011 au titre de l’enseignement !

Aucun département n’est épargné, aucune tranche d’âge non plus, les coupes affectent le primaire comme le secondaire, le public comme le privé. En Ardèche 33 postes vont disparaître ; 16 dans les écoles primaires publiques, 17 entre le primaire et le secondaire dans l’enseignement privé. Au nom du Conseil général, Raoul L’herminier, vice-président en charge de l’éducation, a exprimé son incompréhension et son indignation. Cette décision dont le seul motif semble bien être celui du dogme gouvernemental du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ne tient aucunement compte de la réalité de la démographie scolaire, en hausse de 12 % depuis 2005 dans les écoles primaires ardéchoises !


« Que le nombre d’élèves baisse ou augmente dans les écoles, toutes les Académies rendent des postes ! C’est la première fois. Et en 2011, seule la soustraction sera en vigueur. C’est vrai en Ardèche comme partout en France. Qui dit suppression de poste dit aujourd’hui moins d’enseignants devant les enfants. Cela se traduira par une hausse du nombre d’élèves par classe. Car ces suppressions de postes ne sont en aucun cas corrélées à une baisse de la démographie scolaire. »
En rappelant les termes de l’équation, Raoul L’herminier, vice-président en charge de l’éducation au Conseil général de l’Ardèche, dresse le constat d’un devenir où, même si le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés est en augmentation, le nombre des personnels affectés à l’enseignement est lui en baisse régulière.


Les moyens dont se dote le Gouvernement pour mettre en oeuvre ses ambitions en matière d’éducation ne sont pas à la hauteur des enjeux. « Avec 65 400 postes d’enseignants en moins depuis 5 ans (1), et le recours aux contrats précaires, c’est plutôt une mise à mal des objectifs d’une école ambitieuse et capable de permettre la réussite de tous les jeunes qui se dessine » ajoute Raoul L’herminier. « Ici, en Ardèche, l’enseignement public devra rendre 16 postes, tous en primaire ; pour le privé, la facture n’est pas plus douce et se répartie entre primaire et secondaire avec 17 suppression de postes ! Des suppressions d’autant plus inadmissibles que depuis 2005, la population scolaire des écoles primaires publiques a augmenté de 12%, soit plus de 1500 élèves. En outre, les données INSEE font clairement apparaître une croissance démographique dans notre département et un solde migratoire positif qui a conduit à une augmentation de la population ardéchoise de 30 000 habitants en 10 ans. Alors, comment se fait-il que le ministère de l’Éducation annonce une baisse de 30 élèves pour la rentrée prochaine en Ardèche ? Nous ne devons pas travailler sur les mêmes sources ! » s’étonne le vice-président qui ajoute « le nombre d’élèves par classe augmentera, mécaniquement. D’autant que certains établissements privés vont sans doute cesser leur activité et leurs effectifs intégrer les écoles publiques ».


C’est une des conséquences des suppressions de postes d’enseignants, mais non la seule. On peut craindre la fermeture des écoles à classe unique, la fin de la scolarisation des moins de trois ans, la suppression des postes d'enseignants Rased (lutte contre l'échec scolaire), la suppression des intervenants extérieurs (langue vivante, etc.) et plus généralement des conséquences sur l’organisation au sein de l’éducation nationale.


« Là où l’État se désengage, le Conseil général continue à investir pour l’avenir des jeunes Ardéchois » rappelle Raoul L’herminier. « Depuis que nous sommes en responsabilité sur les collèges, les politiques départementales ont accompagné et donné les moyens nécessaires pour que cette ambition d’une éducation pour tous les jeunes, cette ambition qui doit être nationale ne subisse pas de rupture entre le primaire et le secondaire. Les communes, la Région sont aussi dans cette dynamique. Nous mettons les outils à disposition, à l’Etat de s’occuper des personnels éducatifs ! Quand le Conseil général construit/restructure un collège par an, quand il joue le jeu du maillage territorial comme à Saint-Cirgues-en-Montagne où va naître une cité scolaire inédite -primaire /collège-, il proclame sa volonté de garantir l’égalité d’accès à l’éducation. Ses efforts sont anéantis par une décision gouvernementale qui n’a pour justification que la doctrine du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. C’est une décision lourde de responsabilités ».


Quant à savoir quels établissements, quelles communes seront touchés par les suppressions de postes, il faudra attendre le mois d’avril. « Là aussi, la posture manque d’élégance. Seraient-ce les échéances des élections cantonales qui conduiraient à ces annonces différées (elles devaient être faites début 2011) ? Un décalage bien peu respectueux de l’école, de ses élèves et de ses personnels » déplore le vice-président en charge de l’éducation au Conseil général de l’Ardèche.


(1) les suppressions de postes d’enseignants ces dernières années
2007 : 8 700 / 2008 : 11 200 / 2009 : 13 500 / 2010 : 16 000 / 2011 : 16 000


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