25 Aoû |
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Le 8 février 2011, le Président de la République avait lancé en grande pompe un débat national sur la dépendance. Se targuant de défier ceux qui la trouvaient "trop risquée au regard des enjeux et des échéances électorales", il justifiait alors la nécessité absolue de la réforme de la prise en charge de la dépendance par un fait incontestable : "la démographie, elle, n'attendra pas." Près de 7 mois se sont écoulés, et où en est le débat ? Le gouvernement a continuellement repoussé l'annonce de la réforme, alors même que des réflexions approfondies ont été engagées par de nombreux experts et partenaires sociaux, que de nombreux rapports ont été rendus, et que l'opposition - ainsi que la FHF (Fédération hospitalière de France), les associations et institutions du secteur médicosocial - a déjà formulé ses propositions pour une réforme juste et responsable de la prise en charge de la dépendance. Le sort de nos aînés, qui était légitimement présenté comme une préoccupation de première importance pour notre pays voilà quelques mois, au point de faire l'objet de ce que l'on annonçait comme la "dernière grande réforme" du quinquennat de Nicolas Sarkozy, a été une fois de plus reléguée au second plan - voire plus loin - par l'obsession de l'austérité et la menace qui pèserait sur le "triple A" de la France. La réforme de la dépendance s'inscrira donc probablement dans la trop longue liste des annonces non suivies d'effet et des renoncements de cette présidence. C'est d'autant plus regrettable que la situation est grave, ne cesse de se dégrader, et que les données du problème sont connues de très longue date (comme en attestait par exemple un Rapport de la Cour des comptes datant de... 2005 !). Les maisons de retraite manquent cruellement de moyens humains, le reste à charge étrangle les familles et ne cesse d'augmenter, alors même que les pensions de retraites diminuent, les services d'aide à domicile sont asphyxiés, et la tendance générale du vieillissement va contribuer à accroître les tensions pesant sur le système de prise en charge solidaire de la perte d'autonomie à mesure que le nombre de personnes âgées augmente... Pourtant, les solutions existent et les moyens financiers nécessaires pour une réforme juste et responsable de la dépendance sont loin d'être hors de portée : à l'horizon 2025, les projections réalisées indiquent que 4 milliards d'euros seraient nécessaires pour assurer le financement de la réforme qui s'impose. C'est seulement deux fois le montant généreusement concédé par le gouvernement aux contribuables les plus riches, par la baisse d'imposition au titre de l'ISF. Rappelons par ailleurs que le gouvernement avait su trouver les 3 milliards nécessaires à la baisse de la TVA dans la restauration - et la crise économique, prétexte trop facile au renoncement d'aujourd'hui, était alors déjà là. Assurer la pérennité du système de prise en charge, qui bénéficiera aux 12 millions de personnes qui sont ou vont se trouver en situation de dépendance, est avant tout une question de priorité politique, non de financement. Nous devons saisir l'occasion du PFLSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale) qui sera prochainement débattu à l'Assemblée pour répondre à la situation d'urgence cette année, sans attendre, comme Nicolas Sarkozy s'y était engagé en février dernier. Repousser la réforme de la prise en charge de la dépendance encore une fois, c'est préparer une crise majeure de la vieillesse dans notre pays et laisser perdurer une situation grave qui va continuer à se dégrader inexorablement. Et les promesses maintes fois renouvelées du gouvernement n'y changeront rien.
François Hollande, Pascal Terrasse, et Luc Broussy
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