02 Sep |
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Après avoir enterré la réforme de la dépendance promise par le chef de l'Etat en février dernier, annoncée comme la "dernière grande réforme" de son quinquennat, la ministre Roselyne Bachelot a tenté de calmer les multiples associations, élus et citoyens qui ont fait part de leur vive déception et de l'indignation suscitée par les annonces du gouvernement. Il s'agirait selon elle simplement d'un report, non d'un véritable renoncement, au prétexte que le contexte de crise actuel ne se prête pas à une telle réforme. Au contraire, l'urgence de mener une telle réforme n'a jamais été aussi grande. Les départements, qui ont financé la dépendance à hauteur de 8 milliards d'euros en 2010 (bien plus que l'effort national), sont étranglés par l'augmentation constante des besoins et le gel de leurs dotations financières. La situation financière des associations ne cesse de se détériorer, nombreuses sont celles qui menacent de mettre la clef sous la porte, et l'ensemble du secteur de l'aide à la personne, qui représente 15 à 17 000 emplois, est menacé. Qu'il s'agisse du montant des restes à charge, des difficultés des aidants ou de la disponibilité de lieux d'accueil adaptés aux personnes en perte d'autonomie, la situation de nombreuses familles est dramatique. Le prix de l'attente du gouvernement, ce sont aussi des drames humains. L'ADF s'est déjà exprimée au sujet du report de la réforme de la dépendance, ainsi que de nombreux élus et associations qui constatent au quotidien la gravité de la situation. Puisque le gouvernement a choisi de persister dans l'inaction face à une situation qui ne peut plus rester en l'état, il sera du devoir des élus de l'opposition, notamment à l'Assemblée nationale, d'aborder cette question cruciale dès cet automne à l'occasion de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
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