Quand l’Etat me dit "la main sur le cœur", qu’il compensera à l’euro près, je le crois. Et quand ce n’est pas le cas, je le dis. Et pour le RSA, c’est la réalité. Nous avons vraiment joué le jeu en répondant pleinement aux exigences de la loi et aux attentes du Haut-commissariat aux Solidarités Actives, démontrant ainsi notre engagement non partisan dans la mise en œuvre des politiques publiques. Huit mois plus tard, nous devons avancer au titre de l’année 2009 plus d’un million d’euros. Or il n’est pas question d’être le banquier de l’Etat.
Le RSA concerne aujourd’hui 12 769 personnes soit 3,99 % de la population ardéchoise. Le coût s’élève à 2,3 millions d’euros et il nous manque 1,7 million d’euros ! Déjà très compliquée, la situation va être encore davantage fragilisée par un avenir pour le moins sombre : crise économique, crise sociale, chômeurs en fin de droits. Car selon Pôle emploi, 23 % des chômeurs en fin de droit devraient basculer dans le RSA en 2010 soit 1 150 nouveaux bénéficiaires en Ardèche (230 000 personnes au niveau national). Nos dépenses sociales explosent. Je ne peux pas, alors même que les recettes de la collectivité départementale sont atones, jouer le rôle du "Saint-Bernard" et amputer mon budget 2010 de financements de fonctionnement indispensables pour présenter - ainsi que la loi nous y oblige- un budget en équilibre et sans déficit.
Comme l’avaient fait avant moi certains présidents de conseils généraux, j’ai donc décidé d’interpeller le Conseil d’État. L’objectif est d’obliger l’État et le Gouvernement à tenir ses engagements et donc compenser à l’euro près le coût du RSA pour les conseils généraux. Devant réduire ses déficits publics, l’Etat essaye de faire passer auprès de l’opinion l’idée que cette responsabilité est partagée par les collectivités territoriales. Cette stratégie me semble de mauvaise augure quant à l’avenir !