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Écrit par Pascal Terrasse
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Mardi, 29 Novembre 2011 09:45 |
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Tribune publiée dans Les Echos.
La situation de la zone euro, seuls quelques responsables allemands feignent ne pas le savoir, est extrêmement grave. Le risque que la zone euro explose dans les semaines à venir croît de minute en minute, à mesure que la panique se répand sur les marchés et que les dirigeants européens multiplient les rencontres et les annonces non suivies d'effet.
La seule solution qui pourrait mettre un terme au cercle vicieux des anticipations des investisseurs, qui ne font qu'accroître les difficultés des pays endettés en augmentant les taux auxquels ils peuvent emprunter, est le recours à la BCE comme prêteur en dernier ressort. Les mesures actuellement débattues, qu'il s'agisse des eurobonds, des réformes des traités ou de la gouvernance de la zone euro, arriveront bien trop tard pour éviter ce qui paraît de jour en jour plus inéluctable. Or, le gouvernement allemand a refusé tout net toute intervention non conventionnelle de la BCE, au prétexte qu'elle créerait un aléas moral menant au laxisme fiscal et ouvrirait la porte à une inflation galopante. On peine pourtant à en voir les signes avant coureurs, alors même que notre économie menace de basculer à nouveau dans la récession et que le risque le plus imminent est celui de la spirale déflationniste, et contre lequel la BCE n'a aucun moyen de nous protéger. Nous sommes, du fait de l'intransigeance allemande, englués dans une impasse totalement absurde : la maison brûle, mais n'utilisons pas l'extincteur, car il ne faudrait pas risquer d'abîmer les meubles...
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Écrit par Pascal Terrasse
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Mardi, 08 Novembre 2011 23:34 |
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Tribune publiée dans le Cercle de Les Echos et dans Libération
Depuis plusieurs mois, à mesure que l'Europe s'enfonce dans une crise dont nul ne saurait prédire l'issue, le gouvernement a multiplié les tours de vis pour conserver son sacro-saint "triple A". Voilà donc un nouveau plan de rigueur.
Ayant presque épuisé la rhétorique de la crédibilité et de la responsabilité financière dont elle s'est arrogée le monopole, la droite en est venue à nous promettre le budget le plus rigoureux depuis cinquante ans. Quelle ironie, de la part d'une majorité qui a déterminé les budgets de ces dix dernières années ! On voudrait nous faire croire qu'une nouvelle ère de rigueur sera ouverte dès 2012 par ceux-là même qui ont laissé déraper les comptes publics et multiplié les cadeaux et avantages pour les groupes d'intérêts auxquels ils ont fait allégeance pour accéder et se maintenir au pouvoir. Etant en grande partie à l'origine du problème, peut-on raisonnablement croire qu'ils soient aujourd'hui les détenteurs exclusifs de la solution à nos maux économiques et sociaux ? La droite qui dénonce le candidat socialiste aux présidentielles pour avoir dit qu'il établirait une liste de priorités entre les différentes mesures figurant dans le projet socialiste, c'est celle qui a détricoté consciencieusement et systématiquement toutes les mesures phare qui faisaient le projet sur lequel Nicolas Sarkozy a été élu en 2007.
Au-delà de l'ironie de la situation actuelle, penchons-nous sur le contenu du plan de rigueur annoncé par le premier ministre. Deux éléments sont absents des mesures annoncées : la constance en matière politique, et la justice sociale. D'une part, le plan de rigueur illustre l'absence de cap politique d'une majorité aux abois, qui a perdu le nord, et d'autre part il relève de choix fondamentalement injustes.
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Écrit par Pascal Terrasse
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Mardi, 08 Novembre 2011 10:10 |
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Tribune publiée dans le Cercle de Les Echos
De la présidence française du G20, à laquelle le sommet de Cannes est venu apporter un point final, on ne retiendra sans doute pas grand chose.
Resteront dans la mémoire des Français d'ici quelques mois la mise en scène savamment orchestrée d'un président déjà en campagne, dialoguant avec les grands dirigeants de la planète, ainsi que les quinze minutes d'interview commune élégamment concédées par Barak Obama à son hôte, où les deux présidents en difficulté dans les sondages ont échangé jusqu'à l'écoeurement les compliments et les démonstration d'amitié. Car sur le fond, le bilan de ce G20 est loin d'être aussi bon que les envolées lyriques des discours présidentiels voudraient nous le faire croire. Et cette absence de résultat n'a, contrairement à ce que l'Elysée sous-entend, pas grand chose à voir avec la crise majeure que traverse l'Europe. Le premier ministre grec aura au mieux été un bouc émissaire bien utile pour camoufler l'échec d'un président qui semble toujours persuadé que la gesticulation et les photos avantageuses montrant sa personne aux côtés des leaders des plus grandes économies mondiales suffisent à berner les Français.
Quel bilan pour ce G20 ? Prenons quelques exemples...
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Écrit par Pascal Terrasse
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Lundi, 07 Novembre 2011 10:00 |

Tribune publiée dans Le Monde
Si l'on en croit la droite, seul Nicolas Sarkozy a les reins assez solides pour sortir notre pays de la crise financière. Le procès en crédibilité de François Hollande a déjà commencé, intenté par ceux qui ont réussi, entre 2002 et 2010, l'exploit de faire passer le déficit budgétaire de 3 à 7 % du PIB et la dette publique de 59 à 82 % du PIB. La faute à la crise et au plan de relance, nous dit-on ! Mais la Cour des comptes a souligné qu'ils n'expliquent qu'une part minoritaire du déficit de 2010, dont la composante structurelle représente 5 % du PIB.
A l'occasion de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi de financement pour la sécurité sociale pour 2012, ce gouvernement "rigoureux" nous administre une merveilleuse leçon de responsabilité et de crédibilité financière. La liste de ses contorsions et revirements est longue. Nous n'en retiendrons que deux.
1. Crise oblige, le gouvernement recherche de nouvelles économies. Effort louable ! Hélas, il n'est pas même capable de les faire avaliser par sa majorité ! Raboter le montant des indemnités journalières versées aux salariés en arrêt de travail devait rapporter 220 M€ à la branche maladie. Pourtant, sous la pression du député UMP Yves Bur, le gouvernement est contraint de reculer, en quête d'une porte de sortie pour rétablir le taux de remplacement initial, au moins pour les indemnités journalières de longue durée. Ce revirement n'est pas pour nous déplaire, puisque nous, socialistes, étions opposés à cette réforme injuste, dont auraient encore une fois pâti les plus démunis. La contribution sur les hauts revenus adoptée récemment rapportera quatre fois moins de recettes que cette mesure.
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Écrit par Pascal Terrasse
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Mercredi, 02 Novembre 2011 14:05 |
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Nicolas Sarkozy a été pris de court par l'annonce par le premier ministre Grec de sa décision d'appeler le peuple à s'exprimer sur le plan de sauvetage européen de la Grèce au travers d'un référendum. Le remède que la troika (FMI, BCE et Commission Européenne) a imposé à la Grèce depuis plusieurs mois pour prix de son aide financière a de fortes chances d'être rejeté par un peuple qui n'a jusqu'à présent jamais été consulté directement sur la question, en négation totale des principes démocratiques. Quelle ironie, pour un peuple qui a donné voilà plus de 2000 ans naissance à la démocratie... Mme Merkel a trouvé normal de faire voter son parlement avant de négocier un plan de sauvetage pour la Grèce, mais elle refuse ce droit à l'expression au peuple grec... Considère-t-elle que la démocratie est un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens financiers ?
Mais selon Nicolas Sarkozy, le plan adopté il y a une semaine à peine est la seule voie possible pour sauver l'Europe. Mensonge ou déni de réalité, le diagnostic et les décisions présidentielles ne pourraient être plus erronés. Pour éviter que la gangrène ne se propage à d'autres pays, et notamment à l'Italie et l'Espagne, dont le montant des dettes publiques est bien plus conséquent, il a été décidé d'imposer aux Grecs des mesures d'austérité qui auront pour effet direct de tuer toute perspective de croissance, et donc toute possibilité de remboursement de leurs dettes à moyen et long terme. Le patient mourra donc guéri. Et une fois le problème grec réglé d'une façon ou d'une autre, que ce soit par une cure prolongée d'austérité ou par un défaut et une sortie de l'euro, les marchés se tourneront immanquablement vers une Italie au pouvoir exécutif exsangue et incapable de prendre les mesures nécessaires pour rétablir l'équilibre de ses finances publiques. Avec le plan adopté la semaine dernière, nous aurons donc gagné tout au plus quelques mois, mais il faudra de toute façon envisager des mesures autrement plus drastiques.
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